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Mes nouvelles :

News du 28/07/2010 : SOUVENIRS D'AURORE...

                                             SOUVENIRS D'AURORE...

 

 

 

Un bel après-midi d'été! Comme beaucoup d'autres .... Après le déjeuner, une petite sieste

improvisée, volée, non désirée??? Sur la chaise longue. J'écoutais une émission intéressante à la

radio. Cela parlait de vie de couples, de relation à deux, de désir sexuel, de sexualité accomplie,

épanouie, complice, harmonieuse .... une vie à deux qui dure, malgré le climat ambiant propice

presque aux divorces! Cela ne m'a pas empêché de tomber dans un sommeil profond, léger, fait

de sursauts vers la réalité, et la voix apaisante de l'animatrice de l'émission de radio.

Après je me suis dit qu'il fallait que je me bouge. Un rendez-vous pris chez le kiné pour le

lendemain à onze heures. Soigner encore et toujours ces douleurs de la chaîne vertébrale, par la

méthode de Mézières! un peu de slogan, de rébellion partisane, comme pour mieux me soulever,

me pousser à vivre, ou à survivre!

Je me mets à ma table d écriture. Un salon de jardin installé sous un vieux chêne presque

légendaire .... un cahier de feuilles quadrillées, et à la fin, des notes, des sujets de réponse à des

lettres ...souvenirs aigus, mélancoliques,

 enveloppants! et parmi

elles, une adresse, oubliée, tant recherchée! l'envie de s'en servir, et un numéro de téléphone,

sans préfixe, je me dis qu'un jour j'appellerais peut-être! et puis non! il ne faut pas réveiller le

passé endormi, enfoui, et à quel prix?

Mon écriture devient indécise, maladroite, l'émotion me gagne, eh oui Erik il faut bien te le

reconnaître: tu es un être émotif, sensible, étouffé de tant de culpabilité! Religion chrétienne,

éducation de même acabit? En tout les cas, je déguste et je me trouve isolé, incompris. Pourtant

je ne veux pas me plaindre, devenir douleurs aigues, palpables, pathétiques! Je veux vivre

comme tout le monde, avec tout ce que je véhicule en moi. Comme les autres.

Je pense à Aurore, à cette femme que j'ai tant aimé. Ces notes, ces débuts de réponses à ses

lettres, ces sujets étalés sur un bout de feuille, pour ne rien oublier à lui répondre. "Marguerite

Duras" ! Un amour semblable, une différence d'âge, un amour fou? la folie de l'amour, ou

l'amour de la folie?

-"Une femme intellectuellement suffisante, une compagne plutôt avais-je écrit! une mère amante,

enveloppante, sensuelle ... et entre parenthèses (dessous coquins)"

J'étais dans la vie. Je vivais mes émotions à fond. Je répondais à tout et sur tous les sujets de

conversations.

J'ai avancé avec cette compagne. J'ai évolué personnellement. Mais je n'ai pas perdu ma

culpabilité pesante, envahissante! Je me surprends souvent à penser que j'ai peur de la mort! Ce

vide géant, béant, impossible à combler par n'importe quels moyens. Pour me rassurer, je me dis

qu'on en est tous là. Les riches comme les pauvres, les salauds comme les bons! Puisqu'on nous

a appris à classifier ainsi: une résultante de l'éducation chrétienne.

 

J'en suis là aujourd'hui dans mes réflexions. Je suis Erik

qui pense encore à Aurore. J'éprouve encore du désir pour elle. Et plus encore que je n'ose

me l'avouer. Peut-être est-ce qu'on aime vraiment toute une vie? Même si ce n'est pas partagé,

on a cette liberté de penser! J'ai lu des confidences d'amants, d'amantes, qui ont vécu

 des moments fugitifs intenses de

plaisir, qui se sont désirés, qui ont fait l'amour dans des endroits insolites, dans des circonstances

particulières, et des relations pas toujours hétérosexuelles. Cela m' a touché, excité. Ces

témoignages avaient l'avantage d'être sincères, authentiques, quel que soit le jugement que l' on

pouvait se faire de leurs histoires. Je m'aperçois que je suis encore dans le jugement, la

culpabilité de parler de choses dites tabou (toujours invariable), comme le sexe, les opinions sur

les moeurs d'autrui!

Lorsque je m'occupe de mes rosiers, je repense souvent à la fille d'Aurore, Camille. C'est elle

qui m'avait offert ces variétés de roses, à planter en janvier, acheté~ dans une jardinerie. Mais c'

était avec son argent, elle avait voulu faire plaisir à "son beau-père" comme elle aimait à le

préciser. En ce moment, ces roses sont écloses, elles sentent très bons! Elles pourraient servir

dans la concoction du jus du Chanel N° 5. Erik a cité une marque, Erik a fait de la publicité

gratuite, Erik s'en fout! Il n'aura pas en retour un flacon de parfum gratuit!

Les mystères des choses de la terre! La même variété de rosiers achetés ailleurs, plantés dans un

autre endroit du jardin, ne donne pas du tout le même parfum! Tout cela, Camille ne l' a jamais

su .... elle s'en ficherait, Camille à 21 ans! Elle est une femme maintenant, une jeune fille en

fleur, libre, indépendante, et sûrement très belle! Elle possède de l'ingratitude de son âge,

Camille n' a pas répondu aux cadeaux d'Erik pour ses 20 ans!

Ainsi va la vie. Ses souvenirs brûlants, douloureux, apaisants, enveloppants. La douleur qui

s'oppose à la douceur. J'écris, j'existe, je me sens reprendre goût à la vie, une fois de plus, sans

être un naufragé à la dérive.

Je vais soumettre mes écrits à mon "professeur"! Au fait, comment s' appelle-t-elle? Souvent

 enfant, on ne se rappelle pas sur le coup du prénom de son professeur ce que je

sais, e' est que grâce à elle, je vais faire resurgir d'entre les rochers, ce flot d' encres bleues, ou

noirs, comme un torrent de boue qui jaillit des eaux, qui se lave à son contact, et une eau plus

pure, plus claire, plus proche de la vie, coule d'entre les roches, et suit son cours au gré des vents,

du soleil, et des libellules bleues qui virevoltent le long du ruisseau.

C'est un été comme les autres. La moisson avance vite cette année. Au 20 juillet, tout sera

presque achevé, les blés auront donné de quoi pétrir le pain, faire lever le levain, artisanal ou

industriel comme me l'aurait demandé Camille si elle aurait été là, à côté de moi, au moment

d' une récolte. Il y a encore de la place pour le rêve, l'espoir, le travail bien fait, la saveur des

choses ancestrales qui n' a pas son pareil!

Erik tu n'as pas le droit (Ô maudite culpabilité) de prononcer ton avis. Il faut vivre avec son

temps, ses préoccupations, sa réalité économique, fut-elle pour la mondialisation!

Je retrouve un peu de sérénité, en même temps que mes souvenirs ....( la vue d'un grain de

peau, son toucher, sa saveur, son odeur, et la tendresse enveloppante d'Aurore ...) FIN

 


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